Mythologie grecque · Dieux & déesses

Pasiphaé, reine de Crète et mère du Minotaure dans la mythologie grecque

Pasiphaé : l'oracle laconien que consultaient les éphores de Sparte, la sœur de Circé, le taureau envoyé pour punir son mari, et son propre maléfice.

Pasiphaé dans l'art classique
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Pasiphaé est une déesse solaire que les magistrats de Sparte consultaient sur des affaires d’État. C’est par là qu’il faut commencer, parce que la tradition mythographique l’a réduite à un seul épisode — qu’elle n’a pas choisi — et que ce n’est pas ainsi que les Grecs la connaissaient partout.

L’oracle de Thalamai

À Thalamai, en Laconie, existait un petit oracle de Pasiphaé. Il fonctionnait par incubation : le consultant dormait dans le sanctuaire et recevait sa réponse en songe.

Pausanias l’a visité et le décrit. Plutarque et Cicéron rapportent, eux, qui le consultait : les éphores de Sparte y venaient dormir, et l’oracle intervient dans la crise constitutionnelle qui entoure les rois réformateurs Agis et Cléomène, au IIIe siècle avant notre ère — un songe reçu à Thalamai ayant été invoqué pour justifier une redistribution des terres.

Pausanias ajoute que certains habitants identifiaient cette Pasiphaé à la Lune plutôt qu’à l’épouse de Minos. Autrement dit : là où elle avait un culte réel, elle n’était pas d’abord la femme de la vache de bois.

La fille du Soleil

Apollodore en fait la fille d’Hélios et de l’Océanide Persé — exactement les parents de Circé et d’Aiétès. Elle est donc la sœur de la magicienne d’Ééa, la tante de Médée, et, dans la plupart des récits, immortelle.

Son nom signifie « qui brille sur tous », de pas et phaos : il appartient au vocabulaire solaire de la maison paternelle et s’accorde parfaitement avec l’identification lunaire relevée en Laconie.

Elle n’est donc pas une reine mortelle qu’un dieu accable. Elle est une divinité de la lignée la plus dangereuse de la mythologie grecque, celle où la magie se transmet de mère en fille.

Le taureau, et à qui la faute

Minos demande à Poséidon un signe confirmant son droit à régner, et promet de sacrifier ce que le dieu enverra. Un taureau magnifique sort de la mer. Minos le garde et immole une autre bête.

La représaille ne frappe pas Minos : elle frappe Pasiphaé, saisie d’un désir irrépressible pour l’animal. Dédale construit la vache de bois creuse, et le Minotaure naît.

Deux points méritent d’être dits nettement. La faute est celle de Minos, et le châtiment s’exerce sur le corps de sa femme — procédé que la mythologie grecque emploie souvent sans jamais l’interroger. Et c’est Pasiphaé qui élève l’enfant : Apollodore précise qu’elle l’a nourri elle-même, jusqu’à ce qu’il devienne ingérable et que Minos fasse bâtir le Labyrinthe pour dissimuler ce que son propre parjure avait produit.

Ce qu’elle fait, elle

Reste l’épisode que l’on ne raconte jamais, et qui rétablit l’équilibre du personnage.

Minos est chroniquement infidèle. Pasiphaé lui jette un sort tel que, chaque fois qu’il s’unit à une autre femme, il répand en elle scorpions, serpents et scolopendres, qui la tuent. Le maléfice tient des années, et il faudra le contre-poison de l’Athénienne Procris — monnayé contre un présent royal — pour en délivrer le roi.

Ce n’est pas le geste d’une victime. C’est celui d’une déesse capable de retourner contre son mari le corps de celui-ci, et qui le fait avec une précision de praticienne. Poséidon punit Minos à travers Pasiphaé ; Pasiphaé, elle, punissait déjà Minos par Minos.

Sources antiques

  • Apollodore, Bibliothèque, III, 1, 2-4 et III, 15, 1
  • Antoninus Liberalis, 41
  • Pausanias, Description de la Grèce, III, 26, 1
  • Plutarque, Agis (9) et Cléomène, 7
  • Cicéron, De la divination, I, 96
  • Euripide, Les Crétois, fragments

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Questions fréquentes

Pasiphaé était-elle une simple reine mortelle ?

Non. Apollodore en fait la fille d'Hélios et de l'Océanide Persé — exactement les parents de Circé et d'Aiétès. Elle est donc la sœur de la magicienne d'Ééa, la tante de Médée, et immortelle dans la plupart des récits. Son nom signifie « qui brille sur tous » et relève du vocabulaire solaire de sa maison paternelle.

Pasiphaé avait-elle un culte ?

Oui, et fort loin de la Crète. À Thalamai, en Laconie, existait un oracle de Pasiphaé fonctionnant par incubation : on dormait dans le sanctuaire et l'on recevait la réponse en songe. Pausanias l'a visité ; Plutarque et Cicéron rapportent que les éphores de Sparte y venaient dormir, et l'oracle intervient dans la crise constitutionnelle du IIIe siècle avant notre ère.