Mythologie égyptienne · Dieux & déesses

Nout, déesse du ciel qui enfante le soleil dans la mythologie égyptienne

Nout, déesse égyptienne du ciel : sœur et épouse de Geb, mère d'Osiris, Isis, Seth et Nephthys. Elle avale le soleil chaque soir et le remet au monde chaque matin.

Nout arquée et constellée d'étoiles au-dessus de Geb, déesse du ciel, art égyptien classique
A. Parrot — via Wikimedia Commons · CC BY-SA · Source

Qui est Nout ?

Nout est la déesse égyptienne du ciel. Fille de Shou, l’air, et de Tefnout, l’humidité, elle forme avec son frère Geb, la terre, le grand couple cosmique de la Grande Ennéade d’Héliopolis. L’Égypte imagine le ciel non comme un plafond inerte, mais comme le corps d’une femme immense, arquée au-dessus du monde, ses mains et ses pieds touchant l’horizon, sa peau couverte d’étoiles. Nout est cette voûte vivante : elle recouvre la terre, sépare le cosmos organisé des eaux du chaos, et gouverne le grand cycle du jour et de la nuit. Déesse de la naissance des astres, elle est aussi, par extension, la déesse de la renaissance des morts.

Rôle, nature et domaines

Le domaine de Nout est le firmament dans toute sa profondeur : la voûte diurne bleue, le ciel nocturne étoilé, et la voie que suivent le soleil, la lune et les planètes. Son image la plus caractéristique la montre cambrée au-dessus de Geb, maintenue en hauteur par Shou : la terre en bas, le ciel en arc, l’air au milieu. Cette scène cosmologique, omniprésente sur les plafonds de tombes et l’intérieur des cercueils, dit l’ordre même du monde.

Nout a une double nature, maternelle et dévorante. On l’appelle « la Grande qui enfante les dieux », mais aussi « la Truie qui mange ses porcelets » : car chaque soir elle avale les astres qu’elle a mis au monde le matin. Cette ambivalence n’est pas une contradiction — elle exprime le rythme cyclique du ciel, où tout ce qui naît est repris pour renaître.

Généalogie et place dans l’Ennéade

Nout naît, avec Geb, de l’union de Shou et Tefnout, eux-mêmes issus du créateur Atoum. Épouse de son frère Geb, elle met au monde les quatre — parfois cinq — divinités qui portent le grand drame égyptien : Osiris, Isis, Seth et Nephthys. Nout est ainsi la mère de la génération divine qui, avec Osiris et Horus, fondera la royauté et la théologie funéraire de l’Égypte.

Le mythe des cinq jours gagnés sur la lune

L’un des récits les plus ingénieux de la mythologie égyptienne explique comment Nout put enfanter. Dans le récit grec transmis par Plutarque, interdit à Nout d’enfanter pendant un mois ou une année. Thot joue alors avec la Lune et gagne une partie de sa lumière, dont il forme cinq jours nouveaux placés hors des douze mois de trente jours. Cette version tardive explique ainsi le passage de 360 à 365 jours.

Durant ces cinq jours épagomènes, Nout met au monde ses enfants, un par jour : Osiris, Horus l’Ancien, Seth, Isis et Nephthys. Ce mythe, rapporté par Plutarque, a une portée bien réelle : il explique l’origine des cinq jours ajoutés au calendrier égyptien de douze mois de trente jours pour boucler l’année solaire de 365 jours. La ruse mythologique fonde ainsi une réalité astronomique et administrative.

Nout, le soleil et la renaissance des morts

Le cycle quotidien du soleil se joue dans le corps de Nout. Chaque soir, la déesse avale Râ à l’ouest ; le soleil traverse son corps pendant les douze heures de la nuit — un voyage souterrain qui recoupe la traversée de la Douat — puis renaît d’entre ses cuisses à l’aube, à l’est. Ce trajet fait de Nout la matrice de la renaissance solaire, et par analogie, celle de tout défunt.

De là vient son rôle funéraire majeur. Peinte à l’intérieur des couvercles de sarcophages, Nout enveloppe le mort de son corps étoilé comme elle enveloppe le soleil : le défunt, couché dans le cercueil, est promis à la même renaissance que Râ. Les textes l’invoquent comme une mère protectrice : « Ô ma mère Nout, étends-toi sur moi, place-moi parmi les étoiles impérissables, que je ne meure pas. » Nout est ainsi la garantie céleste de la vie après la mort.

Ce que disent les sources antiques

Nout est l’une des divinités les plus constamment attestées, des Textes des Pyramides — où elle accueille le roi défunt parmi les étoiles — jusqu’aux plafonds astronomiques des tombes royales du Nouvel Empire, comme celui de Séthi Ier, qui figurent son corps parcouru par les barques solaires. Les Textes des Sarcophages et le Livre des Morts multiplient les formules où elle protège et fait renaître le mort. Le mythe des cinq jours nous est surtout transmis par Plutarque (Isis et Osiris), qui en donne la version narrative complète. À travers ces sources, Nout demeure ce qu’elle fut d’un bout à l’autre de l’histoire égyptienne : le ciel maternel qui, chaque nuit, avale la lumière pour mieux la rendre.

Lectures complémentaires

Pour la terre dont Nout est l’inséparable épouse, lire la fiche de Geb. Pour ses parents, l’air et l’humidité, voir Shou et Tefnout. Pour le soleil qu’elle avale et enfante chaque jour, consulter . Pour le dieu qui gagne les cinq jours de ses accouchements, lire Thot. Pour ses enfants et le drame qu’ils portent, voir Osiris et Isis.

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Questions fréquentes

Qui est Nout dans la mythologie égyptienne ?

Nout est la déesse égyptienne du ciel, fille de Shou (l'air) et de Tefnout (l'humidité). Sœur et épouse de Geb, la terre, elle est la mère d'Osiris, Isis, Seth et Nephthys. On la représente arquée au-dessus de Geb, le corps couvert d'étoiles.

Pourquoi dit-on que Nout avale le soleil ?

Chaque soir, Nout avale le soleil (Râ) qui traverse son corps pendant la nuit, avant qu'elle ne le remette au monde à l'aube. Ce cycle quotidien fait de la déesse du ciel la matrice de la renaissance solaire et le modèle de toute résurrection.

Que sont les cinq jours épagomènes de Nout ?

Dans le récit transmis par Plutarque, Râ interdit à Nout d’enfanter pendant les mois de l’année ; Thot gagne au jeu une part de la lumière lunaire et en fait cinq jours supplémentaires. Elle y met au monde Osiris, Horus l'Ancien, Seth, Isis et Nephthys : ce sont les cinq jours épagomènes du calendrier égyptien.